Comment se relever après un AVC ? Les trois piliers qui m’ont aidée à avancer
De mon AVC à 17 ans à mon métier de professeure de danses latines : mon expérience du mental, du mouvement et du lâcher-prise.
À 17 ans, ma vie a basculé du jour au lendemain.
Un jour, je marchais, je courais, je faisais du sport. Le lendemain, j’étais sur un lit d’hôpital, incapable de bouger tout mon côté gauche.
Au-delà des difficultés physiques, il y avait le regard des autres. L’échec, moi qui avais toujours réussi. Le fait de devoir abandonner des sports que j’aimais et de dépendre de l’aide des autres.
Alors, comment se relever après un AVC ? Je n’ai pas de recette miracle. Chaque personne et chaque parcours sont différents. Mais avec le recul, trois piliers m’ont aidée à reconstruire ma vie.
Dans cet article
1. Le mental : croire que tout est possible
À 17 ans, j’avais l’habitude de réussir brillamment ce que j’entreprenais. Après mon AVC, j’ai découvert ce que signifiait ne plus y arriver. Le regard des autres, la peur de l’échec et le besoin permanent d’aide étaient parfois aussi difficiles à vivre que les limitations physiques.
J’ai dû changer ma manière de voir les progrès. Croire que tout est possible, pour moi, ce n’est pas prétendre que la volonté suffit à effacer les séquelles. C’est refuser de réduire tout mon avenir à mes difficultés du moment.
Accepter d’essayer, de ne pas réussir tout de suite, puis de recommencer. Un échec n’efface pas un progrès. Et avancer autrement, c’est avancer quand même.
2. Le sport : se donner les moyens d’avancer
Avant mon AVC, le sport occupait une place importante dans ma vie. J’ai dû abandonner des disciplines que j’aimais profondément. Renoncer à ces pratiques, c’était aussi faire le deuil d’une certaine liberté.
Pourtant, je n’ai pas voulu renoncer au mouvement. L’activité physique est devenue une façon de continuer à travailler avec mon corps, de mieux connaître mes capacités et d’entretenir ce que je pouvais faire.
Il ne s’agit pas de se comparer aux autres, ni de forcer malgré la douleur ou les limites. Après un AVC, chaque reprise doit être adaptée à son état de santé, avec l’avis des professionnels qui nous accompagnent. Mais trouver une activité accessible et régulière peut aussi redonner un objectif, une discipline et le plaisir d’agir.
3. Trouver sa propre routine : pour moi, ce fut la danse
Je dansais déjà avant mon AVC, mais je pratiquais surtout des danses en solo. C’est pendant ma rééducation que les danses de couple ont pris une place particulière dans ma vie.
Moi qui avais l’habitude de maîtriser ce que je faisais, j’ai dû apprendre quelque chose de très difficile pour moi : lâcher prise. Dans la danse de couple, j’ai appris à me laisser guider par mon partenaire, à lui faire confiance et à ne pas vouloir contrôler chaque mouvement.
Avec mes raideurs, ce n’était pas simple. Au début, mon corps résistait. Me laisser guider me demandait un effort, de l’attention, et beaucoup de patience. Puis, peu à peu, cette expérience est devenue libératrice.
La danse est aujourd’hui la seule parenthèse dans laquelle j’arrive véritablement à relâcher. Pendant ces instants, je peux me laisser porter par la musique et le mouvement, au lieu de penser constamment aux contraintes de mon corps.
Cette passion a pris une telle place que je suis devenue professeure de danses latines. Aujourd’hui, j’enseigne notamment la salsa cubaine et la bachata. J’aime transmettre des pas, bien sûr, mais aussi cette possibilité de se faire confiance, de se laisser surprendre et d’oser.
La danse n’a pas effacé les séquelles de mon AVC. Elle m’a offert une autre manière de vivre avec elles, et une liberté qui compte énormément pour moi.
4. Se relever, ce n’est pas forcément redevenir comme avant
Je ne veux pas raconter une histoire dans laquelle tout serait devenu facile. Les difficultés peuvent rester présentes, même des années après un AVC. La reconstruction n’est pas une ligne droite.
Mais je veux partager ce que mon parcours m’a appris : garder confiance dans ses possibilités, se donner les moyens d’avancer avec un accompagnement adapté et trouver une activité qui donne envie de continuer.
Pour moi, cette activité a été la danse. Pour vous, ce sera peut-être tout autre chose. L’essentiel est de trouver ce qui vous fait du bien et vous donne envie de faire un pas de plus.
Et vous, qu’est-ce qui vous aide à avancer ?
NellyM